Dakar, Senegal: Dr. Mukwege Addresses ALDEPAC Conference

DISCOURS DU DOCTEUR DENIS MUKWEGE A L’OCCASION DE LA CONFERENCE SUR LA GOUVERNANCE DES RESSOURCES NATURELLES EN AFRIQUE A DAKAR - 16 OCTOBRE 2015

S.E. Monsieur le Président de la République du Sénégal,
Honorable Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale du Sénégal,
Honorable Monsieur le Président de l’ALDEPAC,
Honorable Monsieur le Co-Président de l’Assemblée parlementaire Paritaire UE-ACP, Co-Président de l’ALDEPAC, 
Honorable Monsieur le Président de l’Alliance pour les Démocrates et les Libéraux pour l’Europe,
Monsieur le Secrétaire Général de l’Internationale libérale,
Distingués invités, en vos titres et qualités respectifs,
Mesdames, Messieurs,

Je vous remercie de m’accorder un espace de parole à l’occasion de l’ouverture solennelle de la 10e Conférence de l’Alliance des Libéraux et Démocrates pour l’Europe, l’Afrique, le Pacifique et les Caraïbes (ALDEPAC), qui a vocation à réfléchir sur les réformes nécessaires pour améliorer la gouvernance des ressources naturelles dont regorge notre continent.

Les enjeux de cette Conférence sont multiples et fondamentaux. Au moment où nous nous réunissons dans ce magnifique hôtel à Dakar pour traiter des questions relatives à la gouvernance des ressources de l’Afrique, nous savons que cette thématique est intimement liée aux grands défis que le monde moderne est appelé à relever: la redéfinition des objectifs de développement et du partenariat mondial pour lutter contre la pauvreté, le changement climatique et la protection de l’environnement, le terrorisme et les nouvelles formes de conflits, les migrations.

Monsieur le Président,
Honorables députés,

Ces grands problèmes contemporains nous invitent à trouver des solutions, ensemble, pour notre survie. Jamais l’interdépendance entre les peuples n’a été aussi grande. Et chacun de ces enjeux est intrinsèquement lié à la gestion durable, transparente et responsable de ce capital naturel qui n’a, à l’heure actuelle, pas encore bénéficié aux populations locales.

Bien au contraire, au lieu d’offrir aux peuples le progrès, la prospérité et la paix, les minerais africains sont l’une des sources des conflits engendrant toutes sortes de fléaux : guerres, massacres, viols, déplacements massifs des populations, esclavage, insécurité alimentaire…

Monsieur le Président,
Honorables députés,

A l’Est de la République Démocratique du Congo, à l’Hôpital de Panzi, nous accueillons et nous prenons en charge depuis 1999 les survivantes des violences sexuelles : des femmes, des jeunes filles, même des bébés, avec des blessures atroces, parfois irréparables. 

Le viol comme stratégie de terreur est une arme extrêmement efficace : la destruction de l’appareil génital des femmes, le traumatisme psychologique individuel et collectif et les enfants nés du viol sans filiation entraînent une désintégration du tissu social des communautés affectées, qui sont ensuite acculées à l’exode ou soumises à l’esclavage par les seigneurs de guerre, qui ont donc le champ libre pour exploiter les mines avec une main d’œuvre traumatisée et soumise !

Nous sommes tristement bien placés pour parler des conséquences des violations massives des droits de l’homme liées à l’exploitation et au commerce illégal des minerais, appelés parfois « minerais des conflits » ou « minerais de sang ». 

Nous avons mené des études qui établissent clairement une corrélation entre le nombre de cas de viols et les zones où se concentrent les mines. Nous sommes les témoins d’une nouvelle forme d’esclavagisme des femmes, mais aussi des enfants qui travaillent dans des conditions inhumaines, et qui sont victimes de toutes sortes d’abus.

Nous observons également avec désolation la dégradation de notre environnement : certaines sociétés sans éthique n’hésitent pas à déverser des produits chimiques dans nos fleuves et nos rivières, menaçant l’un des plus riches écosystème de notre planète.

Monsieur le Président,
Honorables députés,

Alors que la guerre est officiellement terminée en RDC depuis 2002, nous vivons en ces temps modernes une autre forme de conflit mené par une pléthore de groupes armés, qui s’apparentent à des entreprises criminelles, et qui opèrent en complicité avec des leaders corrompus et des hommes d’affaires cupides qui sacrifient nos terres et nos peuples pour des intérêts personnels, dans une économie qui reste largement militarisée.

La violence et la corruption ont frappé une nouvelle génération de victimes : après 16 ans d’activités, nous soignons la deuxième génération de survivantes de violences sexuelles. L’horreur est telle que les enfants nés du viol sont à leur tour victimes des bourreaux de leur mère.

Telle est la raison pour laquelle nous sommes engagés pour la promotion et la protection des droits humains, nous dénonçons l’impunité, et nous aspirons à l’avènement de la démocratie et au retour de la paix au cœur du grand continent africain. Nous ne pouvons continuer à réparer les conséquences de la violence et de la corruption sans parler de ses causes. 

Monsieur le Président,
Honorables députés,

Malgré notre souffrance, nous ne cédons pas au fatalisme ou à l’ « afropessimisme », car nous pouvons inverser la tendance, les solutions existent : si la mauvaise gestion des ressources naturelles est un frein pour le développement en Afrique, voire une malédiction pour les communautés locales concernées, il y a toutes les raisons de croire qu’une gestion transparente et responsable constituera un formidable levier pour un développement endogène et une clé pour la transformation de nos sociétés.

Mais le chemin reste long : nous partageons les inquiétudes de l’ONG Global Witness qui dans un communiqué récent au sujet de la révision du Code Minier rapporte que : « des accords miniers secrets auraient ces dernières années coûté au Congo au moins 1,36 milliards de dollars – soit le double des dépenses annuelles de santé et d’éducation du pays ». 

Face à ce constat, nous invitons les parlementaires libéraux et démocrates à instaurer une politique de tolérance zéro vis-à-vis de la corruption par des mesures volontaristes et effectives.

Monsieur le Président,
Honorables députés,

Le développement et la prospérité ne seront pas possibles en l’absence de l’instauration de véritables Etats de droit garantissant la protection des personnes et des biens et la sécurité juridique. 

A l’heure de la mondialisation, les lois et les codes nationaux sont toujours nécessaires mais plus suffisants. La globalisation économique doit aller de pair avec le principe d’universalisme des droits humains. L’enjeu est de créer un cadre propice à la mise en place d’un système où les Africains gagnent et les acteurs économiques gagnent, mais de manière propre, sans avoir recours à des violations massives des droits humains des populations locales.

Dans cette optique à la fois humaniste et réaliste, des normes contraignantes régissant la traçabilité et le commerce des matières premières provenant de pays où l’exploitation des minerais constitue une source de financement des groupes armés doivent impérativement être adoptées et respectées, tant au niveau national que régional et global. 

Monsieur le Président,
Honorables députés,

Nous avons soutenu le vote du Parlement européen le 20 mai dernier en faveur d’une régulation contraignante visant à garantir un approvisionnement transparent et responsable des minerais des conflits, et nous saluons la détermination politique de l’ADLE pour son leadership sur cette question qui nous rassemble aujourd’hui. 

Vu la nature des enjeux, les liens et les valeurs fondamentales qui unissent l’Afrique et l’Europe, nous aspirons à ce que le Trilogue en cours entre le Conseil, la Commission et le Parlement préserve et soutienne les acquis débattus par les représentants des peuples de l’Union Européenne.

Monsieur le Président,
Honorables députés,

Une bonne gouvernance du secteur minier et une gestion efficace des ressources naturelles a vocation non seulement à contribuer à la croissance économique mais aussi au développement humain, à l’amélioration du niveau de vie des populations locales et à la préservation de l’environnement.

Le temps est venu pour l’Afrique de sortir de la pauvreté et de la violence.

Le temps est venu pour l’Afrique de dire non à la corruption et à l’impunité.

Le temps est venu pour l’Afrique de faire primer l’intérêt général sur les intérêts personnels.

Le temps est venu pour l’Afrique de forger une culture de démocratie et de redevabilité.

Le temps est venu pour l’Afrique de devenir un acteur responsable et respecté de la mondialisation.

Le temps est venu pour transformer les minéraux des conflits en minéraux pour le développement et la paix.

Je vous remercie pour votre attention.

Dr. Denis Mukwege
Dakar, le 16 octobre

Dispatch from the DRC: The Broken Road

Marta was only 12 when she started, in 6th grade in primary school. She was happy in school. But three boys raped her, and she became pregnant. Her family rejected her. She had no other choice.

Sylvie was 14. She had a hard life, she said. We asked her how – she just told us that life became hard, there was no one to take care of her, and looked down. We didn’t press further. 

Ange was 12. She’d been expelled from home by her parents also. We’ve learned by now not to ask the painful “why” questions. Their downcast eyes and shrinking demeanor tell enough. Now she is 13 and five months pregnant. She doesn’t know how she will take care of her child. “I can’t even take care of myself,” she says. 

Bisette’s father died, he was very ill. Something happened with her mother. She cannot live with her mother, and she has the same look as the other girls - telling us to stop asking. “I am independent,” she says. “Sometimes I visit my uncle.” Drop it, say her eyes, just leave it. “There was no one that could help us. I had to fight for survival. Especially now that I have a child, I have to fight to survive. This isn’t what I would choose.” 

These girls, these children, “work” in a brothel. 

The men pay 1000 Congolese Francs – around $1.00 – for “quick sex.” They like the younger girls, so the brothels heavily recruit for them. They put the youngest girls out front to lure in the customers.

Sylvie gets about two customers a night.  Sometimes the men pay, sometimes they don’t. Ok, many times they don’t. But at least she’s been tested for HIV. At least she sometimes uses condoms. 

We learn that’s maybe why she sometimes doesn’t get paid. The men refuse to use condoms. So what do they do, do they go away, find another girl? No, says Bisette. When you refuse, they have sex with you anyway. Then they don’t pay you, because you complained. 

SAJECEK, a grassroots organization in the rough neighborhood of Essence, did an investigation of brothels in the neighborhood last year. The research was conducted with financial support and technical assistance from our Badilika (Change) Program – a program that works to build the capacity of local civil society organizations to address root causes of violence, conflict and corruption. The SAJECEK investigators found 83 girls, aged 12-17, being exploited in brothels in the area. They visited 24 brothels total. 

Wait, did I just call it exploitation? Can we call it like it is? This is rape. These girls are 12, 13, 14. This is rape. Of children. They cannot consent, this is not a choice. 

SAJECEK has been working with the girls to raise awareness of the negative consequences of this work, in hopes of convincing them to find a different life, a new path. “What would you need to be able to stop this work?” we ask each of the girls.

Marta: “An alternative: school or work.”

Sylvie: “Education. And maybe some food.”

Ange:  “What work? First I have to learn.”

Bisette: “Studies.”

Robert, who runs SAJECEK, tells me that they used to have a sewing center, but it burned down. They don’t have the money to rebuild.

I find myself doing calculations in my head. How many women do we have at Maison Dorcas right now? Do we have room in this current class? Do we have room for more residents? How much do I have to raise to get these girls to Maison Dorcas, to get them in school, to get them some counseling, to get them, god help me, at the very least, tested? There are probably 12 or 13 girls in that tiny waiting room outside, how much do I need? 

I’m about to ask Robert about how we could make this work, how much time the girls would be willing to wait, would they be willing to travel the 20 minute walk to Panzi maybe twice a week. And then I catch myself. I’m asking the wrong questions.

There are dozens of right questions, and they suddenly pour out of me at lightning speed. Why isn’t there education available for these girls? Education is compulsory in the Congolese constitution, I find myself ranting, why can’t these girls go to school? It shouldn’t be up to community organizations like Panzi to find the money to send them, this should be readily available. And why are they put in this position in the first place? What is happening around them that at 12 or 13 they have no choice to be raped, each night, in order to survive? Why aren’t the authorities doing something about this? Why aren’t these brothels being shut down, the owners prosecuted, the children protected? 

The report that SAJECEK published did in fact lead to further investigation. Four brothels were shut down in Essence. Their owners were arrested, convicted, brought to justice. But the report studied 24 brothels, and the investigators are the first to admit that this didn’t come close to all the brothels in the area they surveyed, let alone in all of Bukavu. I know as an activist I’m supposed to take solace in the small victories. And when you look at it realistically, 4 brothels shut down and owners prosecuted, considering the corruption in the justice system, is a pretty big victory, really. But I’m blinded. 

*****

To call Essence a poor neighborhood is to play with understatements. It’s a slum. It’s also on the road to Panzi. And it’s here, in this poor, vulnerable neighborhood, where the population has so little already, where everyone is already on edge all the time, that the government decided to demolish homes. 

The road to Panzi has always been narrow and rough. It’s a 30 minute bounce-and-bump ride from Bukavu’s city center. On rainy days, the road washes out – I brought my rainboots, prepared to walk to work through ankle-deep mud (it’s been sunny and blazing hot every day). In the long dry season, you can’t see from the dust. So improving the road would be a legitimate endeavor. It would be infrastructure that is sorely needed, and especially in this overtly-neglected neighborhood which has seen little, if any, investment. Widening the road, smoothing the road – all this would be quite welcome.

But here’s how it happened instead. The government waited until three weeks before the rains started to begin the project, though the rainy season is known and that the rains would make continued work impossible and the road impassable was obvious. The first thing they did was to destroy a wooden bridge just near Panzi Hospital. The only alternative sent trucks blasting dust through our gates. “You can’t imagine the dust,” says Roger, the head of our Badilika civil society program. “It was everywhere. Can you imagine, in a hospital.” 

Then they began to widen the road. They simply made a decision about how wide the road should be, and cut the road to match that figure. To do so, they demolished homes of some of the most vulnerable in Bukavu. They did it without warning; “Sometimes there were children still inside the house, sometimes people had to run,” Robert explains. 

Our colleague Ali, who works in our research center and manages our Panzi Bags project, asked me if I knew anyone with a spare Kindle when I asked if I could bring him anything from the US. He told me he just wanted his books. He had the Bible, he had *Dancing in the Glory of Monsters*, he had another few books about Congo. With a new Kindle and an internet connection, he could get those books back (score one for the e-reader side of the debate). He hadn’t lost his Kindle. His home was demolished, and it was destroyed with it.

There are homes along the side of the new road that have simply been cut in half. The road needed to be X meters wide, and Y amount of this house was in the way. So the crews just split the houses down the middle. Some folks have gotten ahold of bed sheets or tarps, and put them up as temporary walls. The remaining homes are precariously perched on what is now a clay-dirt cliff. A few strong rains and they’ll all slide down. 

Last week, before we got here, it was pouring rain. The ditches the construction crews abandoned became pools of mud. Some of our staff didn’t get home until 9:00 at night, picking their way through the mud in the dark. There’s no way to finish the road till everything dries out. Even then, Roger says that the water drainage pipes they’re putting in are way too small to handle the amount of water that slides down the mountain during the rainy season.  The road will flood. It’s sunny now, but the rains are expected back.

The crew at SAJECEK has collected documentation from 380 families to prove they owned the property that had been destroyed. The government has not compensated anyone. The law says they have to compensate before there’s any demolition; they didn’t do that, and they don’t appear eager to compensate now, either, says Robert. The families are looking for lawyers that will help them. 

What about Advocats Sans Frontiers, asks Catherine? They said they had no budget to help. The lawyers at Panzi’s legal clinic? They are wonderful, but they specialize in sexual violence cases, they don’t have expertise in land rights. How much is a lawyer? It’s a class action lawsuit, one lawyer isn’t enough. They need about five. There are some in town who are willing to represent the families for less than they’d usually earn, but this will be a long, complicated case, and they will still need $1500 each. That’s $7500, total. I pull out my calculator. That’s $19.74 per family represented. 

I realize I’m doing it again: the calculations, the wrong questions. We’re not the ones who should have to fix this.

I couldn’t get a picture of Essence for you. We’re supposed to roll up the windows, lock the doors, put our belongings on the floor. There was too much dust through the window. 

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In the middle of our conversation at SAJECEK, we hear shouting outside. It’s all in Swahili but the tone registers as someone inching closer and closer to a fight. 

A month ago, a thief committed a crime just outside the gates of Panzi Hospital. A soldier shot him. The population protested, blocking the road completely. They went after the soldier, they beat him near to death. Only the youth organized by SAJECEK stopped the mob from ending his life, getting the soldier to the hospital. 

Of course stealing is wrong. Of course it is a crime. A crime punishable by death, maybe not, but certainly a crime. But the population is so angry, so neglected, so palpably furious, that it didn’t matter what the man who was shot had done. They see the soldiers, the police, as their enemies. Part of the system that at best abandons, at worst exploits. 

Today, the thief died in the hospital. The man shouting up a storm, working his way up for a real fight at SAJECEK was his friend. “You stopped us from killing his killer,” we’re told he says. “Now YOU’RE our enemy.” 
Why wasn’t the thief simply arrested, brought to justice? What were the circumstances, the lack of opportunity, and the wartime trauma that led to his life of crime in the first place? Why is the only option for justice a mob execution? 

I’m asking the right questions. 

Statement: Dr. Denis Mukwege Addresses Refugee Crisis

STATEMENT FROM DR. DENIS MUKWEGE ON REFUGEE CRISIS

(Bukavu, DR Congo) Founder of the Panzi Hospital and Foundations, Dr. Denis Mukwege, released the following statement on the refugee and migrant crisis facing Africa, the Middle East, and Europe: 

“ Those fleeing instability, insecurity, violence, or war would not be making those dangerous crossings if they knew they could build their dreams in their home countries. It is imperative for leaders and civil society to work together to help improve the quality of life, and our relationships with other nations.”

Dispatch from the DRC: Finding Hope Amid Pain

Dr. Nene used to pass Panzi Hospital on her way to work every day. She had heard the stories about the crimes that had been committed against the women treated there by Dr. Mukwege and the other physicians. She needed to know if these terrible stories were true.

She challenged herself to find out, to see what was really happening to the women being treated at Panzi. 

Dr. Nene approached the doctors at Panzi Hospital and asked them to train her for three months, without pay. During those first months, Dr. Nene learned the truth – the women she worked with in our Survivors of Sexual Violence (SSV) program told her about living nightmares – sexual violence with a level of brutality she could not have imagined, that no one should have to imagine. She told me it had been hard, those first few months; psychologically and emotionally very difficult. No one went to psychologists back then, she said. “You would pass two days without sleeping because of hearing these stories and think, oh, I’m in pain, I don’t feel well, I wonder why. Maybe I’m tired, maybe I just need to take some medicine to help me sleep.”

Talking with her husband got her through. But most helpful were the women themselves – women who had suffered unspeakable atrocities, and yet met her at the gate every morning smiling and laughing, welcoming her to work. She says that she felt a bit ashamed, that she had only listened to these stories while the women had lived them and had come out stronger on the other side. Who was she to abandon them? If she stayed home for even one day, they asked after her. How could she leave them?

STATEMENT FROM DR. DENIS MUKWEGE ON THE DRC GOVERNMENT PROHIBITION OF FILM

**DRC Media Minister Bars Screening of "The Man Who Mends Women – The Wrath of Hippocrates” Documentary**
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(Bukavu, DRC) The following is a statement from Dr. Denis Mukwege, Founder and Medical Director of the Panzi Hospital and Foundations:

“It is with a great regret that we must confirm we have been informed of the prohibition of screening the documentary film of Thierry Michel and Colette Braeckman in DR Congo. 

“We attended the film premieres at The Hague, in Brussels, and in Paris. We are impatient for our compatriots to see it in their country. This film was made for them. This film belongs to them.

“The DRC Media Minister’s decision to censor the film makes plain the will of the government to refuse the Congolese people their right of access to information, to their history and their right to collective memory, and to tell the truth. This decision demonstrates the minister’s intent to manipulate and control the people.

“In effect, we live under a climate of oppression, deterioration of human rights, and suffering with constrictions on our fundamental freedom.

“This censorship adds to a lengthy list of instances where we were targeted. In 2008, we received the United Nations Human Rights Prize, which we shared with other bold leaders in the field of human rights. On behalf of the Congolese people, the Human Rights Prize gave much needed recognition of the suffering and conflict we face. The DRC government shuttered access to this information, silencing us and all interested persons within our country. Radio stations and Congolese television broadcasts were prohibited from introducing their audiences to this information.

“Nearly one year ago, more than 700 deputies of the European Parliament representing the 28 Member States of the European Union, by unanimous vote, awarded the Sakharov Prize for Freedom of Thought to me and by extension to the Congolese women who are victims and survivors of acts of sexual and gender based violence. The Sakharov Prize resonated with media worldwide, except in DR Congo where only a few people were able to hear the news. 

“In January 2015, widespread demonstrations broke out in Kinshasa and across the DR Congo, where citizens voiced their opposition to a constitutional review and proposed changes to our electoral system. They faced a bloody suppression of their rights, accompanied by the muzzling of free press, targeting of internet access particularly by blocking social networks, and interrupting radio and television signals, and even individual outlets like RFI.

“Undertaking these measures in no way demonstrates the honor of our representatives, and it further damages the image of our country and our leaders. 

“Today, it is incomprehensible that the testimonies of women and civil society in this documentary recounting the harsh reality experienced by tens of thousands of women over the last twenty years, but also their ability to regain strength and live with dignity, reflects so badly on the authorities that they have decided to ban it, effectively silencing these citizens.

“Jesus said: "You will know the truth and the truth shall set you free.“ Let us hope that this ban is temporary, because the truth, even if it is difficult, was and remains destined to emerge.”

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DR. DENIS MUKWEGE ADDRESS AT SWEDEN'S LAUNCH OF HEFORSHE NATIONAL CAMPAIGN

Remarks as Prepared for Delivery

 Prime Minister Stefan Löfven,

Madame Under-Secretary General Phumzile Mlambo,

Distinguished Guests,

Ladies and Gentlemen, 

Thank you, Prime Minister, for the invitation to participate in the launch of Sweden’s He for She campaign under the auspices of UN WOMEN.  

Sweden is known worldwide for advancing women’s rights at domestic and international level and I admire your political leadership on promoting gender equality. But we shall remember that first and foremost, it is thanks to the Swedish women who have fought hard in their daily struggle to gain their rights. 

Sexual and gender based violence exists in a latent state in all cultures and in all social classes in peacetime, and is exacerbated during wartime where women and girls are the primary victims of conflicts decided by men and where rule of law is failing to ensure the human rights of women. 

In the Democratic Republic of Congo, the patriarchal scheme of our society has planted the seeds for harmful practices and retrograde customs keeping women as inferior beings, as second class citizens, subject to discrimination at all levels: family, community and society. In the Eastern part of Congo, women are living in a constant fear of being subject to violence, where its most extreme form, rape, has been used as a strategy of war for the last two decades. 

Ladies and Gentlemen, 

Twenty years after the Beijing Declaration, we can only acknowledge the wide gap existing between women’s daily realities and their rights as recognized in international conventions, Constitution, and domestic laws. All around the world, there is still a lot of room for improvement. That gap must be closed by women and men, working together. 

As men, we cannot remain silent as the women and girls we love - the mothers, sisters, wives, daughters, friends, colleagues and peers in our community – are denied their position in our society, their access to education, their access to economic opportunity, resources or support, undermining prospects for sustainable social and economic development. 

Ladies and Gentlemen, 

Women’s rights are not only of interest to feminists: it is a global issue; it is our common humanity and the future of our society which is at stake.

We must all be mobilized, let’s work together, men and boys, women and girls, in a spirit of mutual respect and solidarity, to make this a more healthy, just and peaceful world for all. Thank you.

DR. DENIS MUKWEGE ADDRESSES EUROPEAN YEAR OF DEVELOPMENT

Présentation du Docteur Mukwege à l’occasion des Journées européennes du Développement– Bruxelles – 4 juin 2015 

Monsieur le Commissaire Mimica,

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs, 

Je vous remercie de me donner la parole à l’occasion de cette neuvième édition des Journées européennes du Développement. 

Dans un monde dominé par la compétition et la concurrence, la coopération a vocation à être la pierre angulaire d'un monde plus juste. Elle doit refléter la solidarité entre les peuples qui partagent notre humanité commune. 

La coopération au développement témoigne de la volonté des pays avancés de travailler ensemble, dans un esprit de partenariat, avec les pays sur le chemin du développement, en vue de créer les conditions favorables pour l’avènement d’un monde sans pauvreté, dans lequel chacun aurait la chance d’avoir une vie décente, conformément à la dignité humaine. 

A mes yeux, l'aide au développement est un acte altruiste, noble, que nous ne pouvons pas assimiler à un acte de pitié, mais à une prise de conscience de notre responsabilité partagée entre êtres humains ayant un même destin.  

Dans un monde sans cesse plus interdépendant, l'homme doit comprendre que sa vie, sa dignité et sa sécurité dépendent avant tout de celles de ses semblables. Et la paix et la prospérité en Europe dépendent aussi de la stabilité et du développement dans le reste du monde.  

Mesdames, Messieurs, 

Nous sommes convaincus que la globalisation des relations économiques doit aller de pair avec un renforcement du principe d’universalisme des droits humains. La protection de la dignité humaine doit être au centre de toutes les stratégies et les politiques de développement doivent être guidées par la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui garantit à chaque être humain le droit à la sécurité et à mener une vie décente.  

Grâce à la coopération au développement, il nous est permis de rêver d'un monde sans pauvreté. S'opposer à l'aide au développement serait donc un acte de repli sur soi, qui ne peut conduire qu’à l’isolation, qui est contraire à l’esprit de coopération.  

La coopération au développement est donc la pierre angulaire non seulement d'un monde juste, mais aussi d'un monde à la recherche de sécurité où les libertés individuelles sont respectées.  

Mesdames, Messieurs, 

De nos jours, formuler le vœu d'un monde juste où la pauvreté serait éradiquée, peut paraître utopique. Beaucoup pensent que la pauvreté est soit un choix, soit une fatalité.  

Pour notre part, nous pensons que l'injustice et la pauvreté sont des créations de l'homme dans le but de dominer et d'écraser son semblable afin d'accumuler biens et richesses au détriment de toute considération morale et éthique. 

Mesdames, Messieurs, 

Un monde juste et sans pauvreté n'est pas une utopie! Il n'y a pas de fatalité.  

Car la mise en œuvre de principes éthiques dans la production de richesses et des mécanismes équitables de redistribution peuvent éradiquer la pauvreté dans bon nombre de pays qui sont aujourd’hui en développement. 

Comme je l’évoquais plus haut, il y a une certaine noblesse dans la coopération au développement, mais elle peut malheureusement aussi avoir des effets pervers. 

Cette perversion se manifeste notamment dans les cas suivants : 

Lorsque le donateur donne : 

- dans le seul but de calmer sa conscience, il sait parfaitement bien que l'argent qu'il donne sera gaspillé et finira dans les poches de certains dignitaires non redevables. 

- dans un but géostratégique : avant la chute du mur de Berlin, l'aide au développement était systématiquement conditionnée à l'alignement idéologique, mais ce travers reste d’actualité dans l’esprit de travail de nombreuses agences de coopération.  

- avec une obligation expresse ou tacite de privilégier les entreprises du pays donateur, et comme c'est trop souvent le cas aujourd'hui, lorsque le donateur privilégie la main d'œuvre non qualifiée de son pays à la main d'œuvre locale. 

D'autre part, le bénéficiaire de l’aide ne peut prendre plaisir ou habitude à vivre sous perfusion des soutiens extérieurs. Car il perd alors toute capacité d'initiative et d'autonomie et il se satisfait du minimum et par voie de conséquence, l'aide au développement l'appauvrit davantage. 

Ainsi, les donateurs et les bénéficiaires doivent vivre constamment dans une harmonie de visions et d'objectifs à atteindre. Ils sont tous co-responsables de la finalité de l'aide au développement et de son efficacité. 

Mesdames, Messieurs, 

L'aide au développement n'a de sens que si elle vise à sortir le bénéficiaire de la pauvreté. Mais si après 50 ou 60 ans, un pays continue de recevoir de l'aide alors que la situation socio-économique de ses concitoyens se dégrade, alors une telle aide au développement est tout sauf noble.

Et dans certains cas, l'aide au développement d'un pays serait tout simplement de ne pas la donner. 

Une telle situation doit appeler à la redéfinition de la responsabilité partagée des donateurs et des bénéficiaires.  

Deux considérations nous paraissent importantes pour cette redéfinition de la co-responsabilité.

1. Un changement des mentalités: la coopération au développement doit être respectueuse de chaque partenaire. Le donateur et le bénéficiaire doivent travailler dans une relation de partenariat et de respect mutuel. Le fait de donner n'implique pas une supériorité, tout comme le fait de recevoir n'implique pas une infériorité. 

 2. La mise en valeur des facteurs endogènes: dans cette relation de partenariat, le Sud ne vient pas les mains vides. Dans certains cas, il faut privilégier de construire la coopération sur base de ce qui existe déjà et miser sur ces plus-values locales, sans arriver avec des formules toutes faites venues de l’extérieur. 

Il convient de rappeler malheureusement que dans certaines parties de l'Afrique, notamment en République Démocratique du Congo (RDC), les bonnes intentions de développement se heurtent sur certains obstacles dont les plus importants sont: 

1.      Les guerres à répétition

2.      Le déficit démocratique et la mauvaise gouvernance

3.      Le drainage des richesses

4.      Le drainage des cerveaux

5.      L'absence d'une justice indépendante

6.      L’exclusion des femmes à la gestion de la chose publique

1.      Guerres à répétition

 Nous savons qu’il ne peut y avoir de développement sans paix ni respect des droits humains.

La sécurité et le respect des droits de l’homme sont les « prérequis » indispensables à tout effort visant au développement durable.

En RDC, les millions d’Euros et de Dollars d’aide au développement et la croissance économique n’ont pas encore permis une amélioration significative des conditions de vie de la majorité de la population congolaise, en grande partie en raison de la persistance des conflits et de l’instabilité.

Dans certaines régions du Congo, il est plus conforme à la réalité de parler de « rétrogression », tant en matière de développement qu’en matière de protection des droits fondamentaux, qu’ils soient civils et politiques, économiques, sociaux ou culturels.

Telle est la raison pour laquelle nous effectuons un plaidoyer pour la paix et la justice, car sans sécurité physique et juridique, aucun projet durable de société ne peut être consolidé.

Il est impératif que la communauté internationale et l’Union européenne (UE) poursuive ses efforts d’appui aux autorités de la RDC dans une réforme profonde du secteur de la sécurité, incluant l’armée, la police, mais aussi la justice et le système pénitentiaire.

2.     Le déficit démocratique et la mauvaise gouvernance

 La communauté internationale et l’UE doivent encourager tous les acteurs à un dialogue constructif et à l’élargissement des espaces de liberté. L’UE et ses États membres doivent accompagner et soutenir des élections libres et crédibles si le contexte le permet, ou alors suspendre l’aide directe aux Etats qui oppriment la population, conformément aux accords de coopération.

Nous pensons que la coopération internationale et l’aide au développement ne peuvent pas renforcer des institutions corrompues qui se détournent de l’intérêt général et du bien commun. Le partenariat pour l’efficacité de l’aide doit être guidé et lié par des progrès en matière de droits de l’homme et de respect des principes démocratiques.

 Sans efforts concrets pour améliorer la situation sécuritaire et la gouvernance démocratique, l’aide au développement ne pourra ni renforcer les institutions, ni améliorer les conditions de vie de la population ni contribuer aux efforts de lutte contre la pauvreté.

L’Instrument européen pour la démocratie et les droits de l’homme (IEDDH) pourrait contribuer davantage aux efforts de la société civile, notamment les associations de femmes, pour assurer le relèvement communautaire dans les sociétés en post conflit, mener des activités de monitoring dans les processus de paix et les périodes électorales, et encourager l’éveil à une participation citoyenne responsable, en vue de rendre les autorités davantage redevables. 

3.     Drainage des richesses

Dans le discours prononcé à Strasbourg à l’occasion de la remise du prix Sakharov, j’avais insisté sur le fait que la RDC a la capacité d’un développement endogène, grâce à ses ressources naturelles, mais aussi et avant tout grâce à ses ressources humaines. Mais ces ressources humaines et naturelles ne peuvent aujourd’hui être exploitées pour le bénéfice de tous dans un contexte de « ni paix, ni guerre ».

Mon pays a toujours été un acteur clef de la mondialisation et de l’évolution du monde moderne. Du caoutchouc qui a permis l’essor de l’industrie automobile à l’uranium qui a mis fin à la deuxième guerre mondiale et engendré l’ère nucléaire, en passant par l’étain, du tungstène, du tantale (3Ts) qui ont révolutionné notre manière de communiquer, le Congo est toujours au centre du progrès. Mais ce progrès n’a jamais été ni propre ni partagé.

Ces ressources qui permettent le progrès en Europe et dans le reste du monde n’ont jamais entrainé le développement des communautés locales où sont extraites ces matières premières et n’ont jamais profité à la population congolaise, hormis quelques dirigeants et hommes d’affaires peu scrupuleux et cupides.

Avec humilité, je salue le courage politique des élus du Parlement qui ont voté lors de la dernière session plénière à Strasbourg en faveur d’une législation européenne contraignante pour encadrer un commerce transparent des minerais. Organe démocratique par excellence des institutions européennes, le Parlement a décidé de rompre les liens avec le commerce des minerais de sang.

Il s’agit de l’une des causes profondes des conflits récurrents et des violations des droits humains telles les violences sexuelles à grande échelle dont nous réparons les conséquences à l’hôpital de Panzi sur – hélas – déjà, la deuxième génération de victimes.

La société civile aspire à voir les Chefs d’Etat réunis au sein du Conseil endosser la position du Parlement pour permettre à l’UE de s’aligner sur les normes de l’OCDE en matière d’approvisionnement ainsi que sur les règlementations contraignantes déjà adoptées aux Etats-Unis et dans plusieurs pays africains, dont la RDC. Elle enverrait également un signal clair au monde des entreprises et répondrait au souhait de transparence des citoyens/consommateurs européens.

Avant tout, un commerce transparent à tous les maillons de la chaine d’approvisionnement et de la traçabilité permettrait à l’UE de contribuer à mettre fin à l’exploitation des enfants qui travaillent dans les mines dans des conditions inhumaines, aux viols commis en masse qui déchirent les communautés et les acculent aux déplacements et à l’exode et, enfin, à établir un partenariat gagnant-gagnant. Tel est le chemin du développement durable. 

4.     Drainage des cerveaux

 Les ressources humaines d’un pays sont ses ressources les plus précieuses, mais trop souvent, le développement des pays moins avancés est entravé par la fuite de leurs cerveaux.

Descendez à l’aéroport de Bruxelles ou de Paris, et vous aurez deux chances sur trois de trouver un chauffeur de taxi africain. Engagez la conversation avec lui, et vous apprendrez que la majorité d’entre eux sont des diplômés qualifiés.

 Entrez dans n’importe quel hôpital belge ou français, et vous aurez beaucoup de chance d’être pris en charge par un médecin africain, et soigné par une infirmière africaine.

Sachez aussi que dans la région où je vis, le nombre de médecins par habitants reste extrêmement bas : 1 médecin pour 10000 habitants. Tout en respectant la liberté et les choix de chacun, ce constat nous invite à réfléchir sur les déséquilibres engendrés par l’instabilité et le manque d’opportunités dans les pays d’origine, et nous aspirons à ce que les programmes de la coopération au développement contribuent à stabiliser les personnels qualifiés dans leur milieu.

5.      L'absence d'une justice indépendante 

Le développement des pays moins avancés nécessite un état de droit doté d’institutions fortes.  Trop souvent, l’absence d’une justice indépendante favorise un climat de corruption et d’impunité, qui favorise une élite qui se détourne des considérations d’intérêt général pour leur enrichissement personnel.

La justice est donc un élément clés pour un développement sain et équitable, et pour garantir la sécurité juridique non seulement des investisseurs étrangers mais aussi des particuliers.  

6.     Exclusion des femmes à la gestion de la chose publique

 Un monde plus juste ne peut se construire sans la pleine participation de plus de la moitié de sa population. Vingt après le Sommet de Bejing, force est de constater que l’égalité des genres reste un objectif prioritaire pour parvenir à un développement durable dans le monde entier. Les femmes sont encore sous-représentées dans les instances de décisions et subissent des discriminations depuis leur naissance, au sein des familles, du monde du travail, dans tous les secteurs de la société.

 Nous savons pourtant que le meilleur investissement est d’investir dans les femmes, car les retombées iront non seulement pour la famille, la communauté, mais au bénéfice de l’ensemble de la société. Aujourd’hui, ce constat n’est plus seulement une opinion mais une certitude basée de nombreuses études scientifiques.

 A Panzi, nous aspirons à ne plus traiter les conséquences de la violence faites aux femmes, mais à revenir à l’objectif qui nous avait amené à fonder l’Hôpital : aider les femmes à donner la vie.

Chaque jour, nous trouvons notre inspiration et notre force dans le courage et la détermination des femmes. Nous sommes témoins de la capacité des victimes à transformer les souffrances endurées en force de changement pour la paix et le progrès pour tous.

Au fil des années, nous avons développé un modèle de prise en charge holistique qui comprend 4 piliers : (1) médical et chirurgical, (2) psycho-social, (3) socio-économique et (4) juridique.

Ce modèle d’assistance holistique développé à Panzi a déjà été dupliqué dans la Province du Sud Kivu dans deux zones de santé en zone rurale, où la santé maternelle et reproductive fait cruellement défaut, par l’adaptation des centres de santé primaires en « Guichet unique » ou « One stop center », où les femmes pourront trouver les différents services en réponse à leurs besoins dans un même endroit, en assurant la non stigmatisation des victimes de violences sexuelles. 

A terme, nous effectuons un plaidoyer pour que ce modèle soit intégré dans le système de santé congolais, et nous travaillons en collaboration avec les autorités congolaises pour atteindre cet objectif.

Mesdames, Messieurs, 

Sans la paix, sans la démocratie, sans la bonne gouvernance, sans des politiques de développement cohérentes, l’aide n’améliorera pas les conditions de vie d’une écrasante majorité de la population.

Dirigeants politiques, praticiens du développement, acteurs du secteur privé et de la société civile, chacun de nous porte une part de responsabilité partagée et chacun de nous peut contribuer à l’édification d’un monde plus juste.

Il s’agit maintenant de traduire les paroles en actes et de mobiliser toutes les énergies pour parvenir un développement durable, équitable et inclusif.

Merci pour votre attention

Docteur Denis Mukwege.

Bruxelles, 4 juin 2015

Déclaration de Dr. Denis Mukwege:

Communiqué de presse, 20 May 2015

Strasbourg, France - Déclaration du Docteur Denis Mukwege:

 "Les élus du Parlement européen ont voté contre les minerais des conflits et pour les droits humains. Une importante contribution pour la PAIX."

"Le vote sur les minerais de conflit au Parlement européen, à Strasbourg, est une victoire pour les droits de l'homme.  Qui témoigne que nous avons atteint un tournant décisif dans le dialogue. Cette réglementation oblige les raffineurs, les fondeurs, les fabricants et les importateurs des produits contenant l'étain, le tantale, le tungstène et l'or de s’assurer qu'ils s'approvisionnent de manière responsable, en amont comme en aval. Cette nouvelle réglementation démontre que qu’une gouverance économique éthique est non seulement possible, mais aussi requise. 

"Une grande majorité de députés européens accorde la priorité au caractère global et au champs d'application large de cette réglementation. En effet, elle établit la position des élus et servira de base au cadre de négociations entre les Etats Membres et la Commission, et elle reflète le progrès au travers des lois contraignantes en RDC, dans plusieurs autres pays Africains et aux Etats Unis. 

"Une industrie sans minerais de conflit contribuera à mettre un terme donc un terme aux violences effroyables que le peuple Congolais a enduré pendant des années. Les gouvernements ne doivent pas seulement élaborer des lois contraignantes, mais ils doivent aussi être prêts à les mettre en oeuvre. Et, les compagnies ont non seulement la responsabilité de conformité et de divulgation publique, mais aussi d'agir en toute transparence, à une époque où les consommateurs sont de plus en plus sensibilisés sur à la nécessité de ne pas acheter des produits lies aux conflits.

"Des dizaines de milliers de mineurs légitimes bénéficieraient de l'exploitation de minerais non-conflictuels et d'une industrie transparente. Les communautés et les familles déchirées par les conflits ont droit à une paix durable. À l'Hôpital de Panzi, nous avons à ce jour traité plus de 40 000 survivantes de violences sexuelles. Leurs corps ont été utilisés comme champs de bataille où subsistent des traumatismes physiques et psychologiques. L'exploitation des minerais est donc une des causes qui alimentent la souffrance au Congo.

"Aujourd'hui, le Parlement Européen a pris une position forte. Et j'espère que tous les Etats Membres vont aussi consolider leur engagement. Ce conflit a déjà engendré trop de pertes en vies humaines et une dégradation des conditions de vie pour les communautés locales.  Nous devons donc agir ensemble pour apporter la paix et la transparence dans l'exploitation et le commerce de minerais."

STATEMENT FROM DR. DENIS MUKWEGE: EU VOTE IS A VICTORY FOR HUMAN RIGHTS

STATEMENT FROM DR. DENIS MUKWEGE: EUROPEAN PARLIAMENT VOTE ON BINDING CONFLICT MINERALS LEGISLATION "IS A VICTORY FOR HUMAN RIGHTS."

(STRASBOURG, FRANCE) "The vote in Strasbourg at the European Parliament regarding conflict minerals is a victory for human rights. We are at a turning point in the dialogue. The legislation mandates refiners, smelters, manufacturers, and importers of products containing tin, tantalum, tungsten, and gold to ensure the components are sourced responsibly through upstream and downstream channels. The new law demonstrates ethical governance is not only possible, but required. 

 "A decisive majority of the Members of the Parliament (MEPs) prioritized the comprehensive nature and scope of this law. This law provides the position and framework for negotiations with Member States and the Commission, and it reflects the progress made through binding legislation in the DRC, several other African Nations, and the United States. 

"A conflict-free minerals industry would contribute to ending the unspeakable violence the people of Congo have endured for years. Government must not only enact strong legislation, they must be willing to enforce the law. Companies bear the responsibility of compliance and public disclosure, and acting transparently as consumers are increasingly aware of conflict-free components on the market.

"Tens of thousands of legitimate miners would benefit from a clean, transparent minerals industry. Communities and families torn apart by conflict deserve a viable path to peace. At the Panzi Hospital, we have treated 40,000 survivors of sexual violence. Their bodies are used as the battlefield, leaving them with physical and psychological scars as a result. The mineral trade is one of the components that drive suffering in Congo. 

"The European Parliament has made a strong commitment today. It is my hope the Member States will strengthen their commitment as well. The conflict has cost too many lives and livelihoods. We must act in unison to bring peace and transparency to the mineral trade."

Statement: Dr. Denis Mukwege Endorses Report on Conflict Minerals by Global Witness and Amnesty International

(BUKAVU, DRC) Dr. Denis Mukwege, Founder and Medical Director of the Panzi Hospital, and Founder and President of the Panzi Foundation USA, authored the foreword for the report released today by Global Witness and Amnesty International “Digging for Transparency.” The report examines and analyzes filings submitted by 100 companies under the 2010 Dodd Frank Act (Section 1502) known as the conflict minerals law.

The Panzi Foundation USA, released the following statement today on behalf of Dr. Mukwege, in support of the report:

 “Violence continues despite the war’s official end. Huge areas of my country remain controlled by rebel groups who use sexual violence as a weapon. More women and girls, physically and psychologically scarred by rape arrive weekly at Panzi, a hospital I founded in my hometown of Bukavu in Eastern Democratic Republic of Congo. As a surgeon, my role is to heal and repair their bodies and souls. Every day, my staff and I witness the devastation sexual violence spreads. It violates the body and often destroys lives.

“This conflict spreads far beyond Congo’s borders. The brutality is partly funded, and fuelled, by the trade in mineral resources. Some of these minerals – such as gold, tin, and coltan – come from mines controlled by armed groups with a history of carrying out these attacks. Women are the primary labor force and the primary caregivers. Through rape, the armed groups exert control over them while destroying their bodies and trying to rob them of their humanity. 

“Cleaning up the minerals trade, on which thousands of legitimate miners depend, is vital if we want to limit the damage done by the perpetrators of the destabilizing violence. It is not an easy task. 

“These laws must be enforced. Those guilty of crimes in Congo must be brought to justice. More must be done to support the lives of ordinary men and women who work in the mines. Responsible companies should continue to source from mines in Congo and other high-risk areas that are free from armed groups. We need a conflict-free minerals trade that brings benefits from these resources to the people of Congo.

One of the most powerful is to compel companies to shine a light on their supply chains to see who is benefiting at each step and then report on what they find. To try to solve this problem without looking would be like me trying to operate with my eyes closed.”

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Statement: Spike in Sexual Violence Against Infants and Children in Kavumu

The following statement from the Panzi Foundation, USA, Executive Director Naama Haviv addresses the increased reports of sexual violence and rapes targeting infants, toddlers, and very young children in Kavumu and surrounding areas in Eastern DRC. 

When I first began working to combat mass atrocities in eastern DRC, I was a recovering academic. I left a PhD program at the Strassler Center for Holocaust and Genocide Studies with an MA, all-but-dissertation, driven by a desire to leave theory behind and work practically to combat the crimes I read about daily in Sudan, Congo and elsewhere. 

There was a certain safety in academic research. Even when confronted with stories of devastating crimes, I could immerse myself in statistics, dispassionately search for trends, engage in lengthy, shockingly satisfying debates on research methodology. I soon discovered that even in activism and advocacy work I could distance myself, focusing on policy statements, position papers, and the minute details of the legislative process. 

All that carefully constructed distance was shattered during my first trip to eastern Congo. I was working at the time with Jewish World Watch, which combats genocide and mass atrocities from a faith perspective. As members of a community of faith, we were often asked to share a blessing with people who had suffered unspeakable trauma. 

We entered one such community, a hospital ward reserved for women who had suffered sexual violence. I went from bed to bed, trying to imagine how I could offer any solace to women who had lost so much already. And then I reached one woman, who shared her bed with her two children – two girls, six and four years old. I remember cautiously asking our hospital guide and translator if the girls had simply followed their mother, as their only caretaker, to the hospital? Were they simply with her (I hoped) while she sought out treatment? 

The reality was horrific: the woman’s six year-old daughter had followed her mother to the hospital. But her four year-old daughter had also been raped.

There is no academic response to a crime like this.

I could not research away the pain I saw in the mother’s eyes – not just from the crime committed against her, but for what had happened to the daughter she so loved, as sweet and beautiful and brimming with potential as any child. There was no study I could conduct or letter I could write that would erase this horror, that would distance me. 

The pain I felt for one mother, one daughter, one family – the pain was crushing. How overwhelming must the pain be in the community of Kavumu, in the South Kivu province of DRC, where in the last two years there have been at least 34 reported cases of sexual violence against babies, toddlers, and young children?

The crisis the community of Kavumu is facing is unimaginable. Girls as young as 18 months old, and up to 10 years old, have been viciously attacked. Many are stolen from their beds at night, the perpetrators preying on a poor population without strong locks on their doors. The girls are returned to their parents violated, their bodies devastated, many requiring extensive and complex surgeries. 

Our doctors and nurses at Panzi Hospital have - for nearly two years - been attempting to respond to these girls’ physical, psychological, and social needs, and to those of their families as well. Medical professionals often rely on their own clinical distance from their patients, but nothing in their medical training could have prepared them for the horror of the crimes they are witnessing. No doctor should become an expert in this field.

The pace of the sexual violence against children in Kavumu shows no sign of slowing. Worryingly, attacks on children seem to be spreading to other provinces. Most recently, a 15 month-old baby in Bas Congo was attacked, and died shortly after being brutally raped.

The community of Kavumu, however, has not crumbled under the crushing weight of these crimes. Rather, it has displayed incredible strength, resilience and unity in an effort to combat and end this crisis. A coalition of civil society organizations in Kavumu – leaders of local associations, teachers, lawyers, NGO representatives, human rights defenders and more – have banded together to confront sexual violence in their community. The coalition formed mixed patrol units in partnership with agents of the Congolese National Police. They launched an advocacy campaign, even sending a representative to the Congolese capital of Kinshasa to urge a response to the crisis by the authorities.  

This weekend, they convened an important community-led symposium, "Consortium SOS Jeune Filles en Danger,” at Panzi Hospital’s Maison Dorcas after-care facility and conference center. Together, these civil society leaders are making recommendations for appropriate solutions to end the violence. Their guidance, informed as it will be by the community’s lived experiences and deep understanding of its own needs, will be critical in finding long-term, sustainable, and just resolutions to the crisis. 

Perhaps there is no appropriate academic response to a crisis of this level.  But there must be a practical, solutions-based response from the authorities tasked with ensuring the safety, security, and health of Congo’s civilian populations. Civil society is bringing forward informed, thoughtful recommendations – we urge those in positions of power to listen, and to act. 

STATEMENT FROM DR. DENIS MUKWEGE

(WASHINGTON, DC) Due to increased interest in the operations and security at the Panzi Hospital in Democratic Republic of Congo, the Panzi Foundation USA released the following statement from the president of the Panzi Foundation USA Board of Directors, Dr. Denis Mukwege, who founded the Panzi Hospital and serves as the Medical Director:

“I am encouraged by the outpouring of support for the women and children, my colleagues and myself, at the Panzi Hospital.

“The care we provide recognizes each girl and woman’s need for psychosocial services, vocational training, transitional housing, and legal assistance before and after their medical treatment.

"The Panzi Hospital is a sanctuary where women have the opportunity to heal and restore their lives in a safe, secure environment. This is the priority of the Panzi Hospital and Foundations
family."
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Statement from Dr. Denis Mukwege on Assets Seizure

STATEMENT FROM DR. DENIS MUKWEGE ON ASSET SEIZURE

(LOS ANGELES, CA) Below is a statement from Dr. Denis Mukwege, Founder of the Panzi Hospital and Foundations, in his capacity as the Medical Director. The statement was read by Dr. Mukwege during a press conference at the hospital. The original French language statement is also available. 

On December 31, 2014, the staff of Reference Panzi General Hospital went on strike and took the initiative to organize a peaceful demonstration outside the building of the Directorate General of Taxes (DGI) to denounce the following:

1. The discrimination against the Hospital.

Panzi Hospital is a medical facility integrated within the health system of the Democratic Republic of Congo and holds status as a General Reference Hospital. Its employees are therefore agents of the State and, like other personnel of general reference hospitals in the DRC, income taxes on their base salaries are withheld at the source by the Finance Ministry.
Among nearly 500 General Reference Hospitals in the DRC, Panzi Hospital is the only one that has been subjected to a special income tax, a levy on the premium income they receive from the hospital. The employees complain that their hospital is the victim of a blatant discrimination by the DGI and call for tax fairness.

2. Violation of Human Rights

The Management of Panzi General Hospital of Reference is extremely concerned about this situation which leads to various violations of human rights: the right to health for the patients, including the right to life for those in need of medicines and other healthcare supplies; but also violation of the right of its employees to receive payment for their work, given that the funds seized were intended to pay the wages of employees and purchase medicine.

3. Dysfunction of the judiciary system.

The Panzi General Reference Hospital has filed a lawsuit at the Bukavu Court of Appeals against the DGI, the DRC, and the BCDC (Commercial Bank of Congo), ongoing since November 4, 2014, in connection with the abovementioned violations. The case, originally scheduled for November 18, 2014, was repeatedly postponed due first to a strike of judges, and then the death of a judge on the eve of the hearing date. The hearing has been postponed indefinitely since then.

Despite the lack of judicial decision on these matters, the DGI took action and seized Panzi General Reference Hospital’s account. With the complicity of the BCDC Bank, the DGI transferred Panzi funds to its account. This was in violation of section 127 of the Congolese Code of Civil Procedure which lists items that are not subject to seizure, including wages.

4. Irregular tax procedures.

Tax procedures have been violated by the DGI:

- In less than ten days, the DGI initiated an official tax order and two demands for payment and collection without the six month deadline provided by law;

- The DGI has not given Panzi General Reference Hospital an opportunity to contest and mount an administrative appeal.

There is an extreme urgency to act in the interest of the patients, towards whom we have the responsibility to provide the best health care services, and the Panzi staff, who are unable to receive their wages.

The Panzi Hospital Management contacted various authorities about this matter but received no satisfactory response up to this day. It remains open for all constructive dialogue with them in order to resolve this crisis.

The Panzi staff aspires towards justice in recognition of the procedural flaws that make this taxation discriminatory, and still hopes to ensure the proper operation and continuity of services provided by our public health facility.

Denis Mukwege

Medical Director.

####

En date du 31 décembre 2014, le personnel de l’Hôpital Général de Référence de Panzi est entré en grève et a pris l’initiative d’organiser une manifestation pacifique devant le bâtiment de la Direction Générale des Impôts (DGI) en vue de dénoncer ce qui suit :

1. La discrimination dont leur Hôpital est victime.

En effet, l’Hôpital de Panzi est une structure intégrée dans le système sanitaire de la République Démocratique du Congo (RDC) et possède le statut d’Hôpital Général de Référence (HGR). De ce fait, ses employés sont des agents de l’Etat à part entière, à l’instar du personnel d’autres HGR de la RDC qui sont soumis à un régime fiscal de prélèvement à la source par le Ministère des Finances.

Parmi près de 500 HGR que compte la RDC, l’Hôpital de Panzi est le seul soumis à une mesure fiscale particulière qui est l’impôt sur le revenu professionnel. Les agents dénoncent le fait que leur Hôpital soit victime d’une discrimination flagrante de la part de la DGI et réclament une équité fiscale.

2. Violation des droits de l’Homme.

La Direction de l’HGR/Panzi est extrêmement préoccupée par cette situation qui entraîne par voie de conséquence diverses violations des droits humains : droit à la santé pour les malades, dont le droit à la vie est mis en péril à défaut d’approvisionnement en médicaments et autres fournitures nécessaires pour prodiguer des soins, mais aussi violation du droit de ses agents à percevoir leur rémunération pour leur travail presté, étant donné que le montant saisi par la DGI était destiné à la paie des agents et à l‘approvisionnement de l’hôpital en médicaments.

3. Dysfonctionnement de l’appareil judiciaire.

L’HGR/Panzi a assigné en justice devant la Cour d’Appel de Bukavu la DGI, la Banque commerciale du Congo (BCDC), et l’Etat congolais depuis le 04 Novembre 2014 en rapport avec ces violations sus évoquées. L’affaire fixée initialement le 18 Novembre 2014 a été successivement reportée suite d’une part

à la grève des magistrats, et d’autre part suite au décès d’un magistrat de la Cour à la veille de la date d’audience. Cette dernière a été renvoyée sine die.

Malgré l’absence de décision judiciaire liée à ces dysfonctionnements, la DGI a procédé à la saisie effective du compte de l’HGR de Panzi, en violation de l’article 127 du Code de procédure civile congolais qui énumère une liste de biens qui ne sont pas susceptibles de saisie, qui inclut le salaire.

4. Vices de procédures fiscales.

La procédure fiscale prévue par les dispositions légales a été violée par la DGI :

- En moins de dix jours, elle a activé une taxation d’office, deux avis de mise en recouvrement et les commandements ; sans respect des délais de six mois prévus par la loi.

- Elle n’a pas accordé à l’HGR/Panzi la possibilité de jouir de droit d’opposition et de recours administratif.

Il y a une urgence extrême à agir, dans l’intérêt des malades dont nous avons la responsabilité d’apporter les meilleurs services de santé, et pour le personnel de Panzi, qui n’a pas pu percevoir sa rémunération.

La Direction de l’HGR/Panzi a contacté les différentes autorités impliquées sans obtenir une réponse satisfaisante à ce jour et demeure encline à entamer un dialogue constructif avec ces dernières pour sortir de cette crise.

Le personnel de Panzi aspire à voir la justice reconnaître les vices de procédure qui rendent cette imposition discriminatoire et garde l’espoir d’assurer le bon fonctionnement et la continuité des services fournis par notre structure sanitaire publique.

Vous pouvez télecharger le communiqué en PDF en cliquant ici: Communiqué de PresseR2

 

Statement from Dr. Mukwege

En date du 31 décembre 2014, le personnel de l’Hôpital Général de Référence de Panzi est entré en grève et a pris l’initiative d’organiser une manifestation pacifique devant le bâtiment de la Direction Générale des Impôts (DGI) en vue de dénoncer ce qui suit :

1. La discrimination dont leur Hôpital est victime.

En effet, l’Hôpital de Panzi est une structure intégrée dans le système sanitaire de la République Démocratique du Congo (RDC) et possède le statut d’Hôpital Général de Référence (HGR). De ce fait, ses employés sont des agents de l’Etat à part entière, à l’instar du personnel d’autres HGR de la RDC qui sont soumis à un régime fiscal de prélèvement à la source par le Ministère des Finances.

Parmi près de 500 HGR que compte la RDC, l’Hôpital de Panzi est le seul soumis à une mesure fiscale particulière qui est l’impôt sur le revenu professionnel. Les agents dénoncent le fait que leur Hôpital soit victime d’une discrimination flagrante de la part de la DGI et réclament une équité fiscale.

2. Violation des droits de l’Homme.

La Direction de l’HGR/Panzi est extrêmement préoccupée par cette situation qui entraîne par voie de conséquence diverses violations des droits humains : droit à la santé pour les malades, dont le droit à la vie est mis en péril à défaut d’approvisionnement en médicaments et autres fournitures nécessaires pour prodiguer des soins, mais aussi violation du droit de ses agents à percevoir leur rémunération pour leur travail presté, étant donné que le montant saisi par la DGI était destiné à la paie des agents et à l‘approvisionnement de l’hôpital en médicaments.

3. Dysfonctionnement de l’appareil judiciaire.

L’HGR/Panzi a assigné en justice devant la Cour d’Appel de Bukavu la DGI, la Banque commerciale du Congo (BCDC), et l’Etat congolais depuis le 04 Novembre 2014 en rapport avec ces violations sus évoquées. L’affaire fixée initialement le 18 Novembre 2014 a été successivement reportée suite d’une part

à la grève des magistrats, et d’autre part suite au décès d’un magistrat de la Cour à la veille de la date d’audience. Cette dernière a été renvoyée sine die.

Malgré l’absence de décision judiciaire liée à ces dysfonctionnements, la DGI a procédé à la saisie effective du compte de l’HGR de Panzi, en violation de l’article 127 du Code de procédure civile congolais qui énumère une liste de biens qui ne sont pas susceptibles de saisie, qui inclut le salaire.

4. Vices de procédures fiscales.

La procédure fiscale prévue par les dispositions légales a été violée par la DGI :

- En moins de dix jours, elle a activé une taxation d’office, deux avis de mise en recouvrement et les commandements ; sans respect des délais de six mois prévus par la loi.

- Elle n’a pas accordé à l’HGR/Panzi la possibilité de jouir de droit d’opposition et de recours administratif.

Il y a une urgence extrême à agir, dans l’intérêt des malades dont nous avons la responsabilité d’apporter les meilleurs services de santé, et pour le personnel de Panzi, qui n’a pas pu percevoir sa rémunération.

La Direction de l’HGR/Panzi a contacté les différentes autorités impliquées sans obtenir une réponse satisfaisante à ce jour et demeure encline à entamer un dialogue constructif avec ces dernières pour sortir de cette crise.

Le personnel de Panzi aspire à voir la justice reconnaître les vices de procédure qui rendent cette imposition discriminatoire et garde l’espoir d’assurer le bon fonctionnement et la continuité des services fournis par notre structure sanitaire publique.

Docteur Denis Mukwege

Médecin Directeur

Vous pouvez télecharger le communiqué en PDF en cliquant ici: Communiqué de PresseR2

#StandWithPanzi

PANZI HOSPITAL ASSETS SEIZED

Staff and Patients in DRC Face Uncertainty, Panzi Foundation in USA Responds

UPDATED at 10:21AM Eastern Standard Time

(LOS ANGELES, CA) On December 30, 2014, the Panzi Hospital staff in DRC received word from the Congolese government, through the DGI (Directorate General of Taxes), that the Hospital allegedly owed upwards of €500,000 in penalties. Authorities seized €38,000. This translates to roughly $600,000 in US dollars for the total penalties, with $47,000 already seized.. 

The Panzi Hospital, like all general reference hospitals in DR Congo. operates in the public interest.. No other hospital has been targeted for seizures. No other hospital faces frozen assets already allocated to salaries, supplies, food and services for the 370+ employees and 300+ patients currently in the Hospital’s care.

Panzi has always been registered and operated under CEPAC, a legally registered nonprofit public institution.  It is a faith-based organization. Panzi is the only hospital in the Ibanda Health Zone. It is a teaching hospital. It has been registered and legally recognized as such for years.

Incoming Executive Director, Naama Haviv, stated: “Through Dr. Mukwege’s innovative vision, best practices are developed and implemented. Services unavailable to survivors are in jeopardy. Maternal and newborn care is in jeopardy. At Panzi, lives are saved, healed, restored and given hope. This work must continue and the accounts of the Hospital must be accessible.”

Haviv concluded, “The outpouring of support for Dr. Mukwege and the entire Panzi team, in Congo and around the world, speaks to the necessity of this work.”

To address this crisis, the Panzi Foundation USA is raising funds and facilitating direct transfers to fund emergency operations at Panzi Hospital.  A major social media campaign grew from a protest in Bukavu at the offices of the DGI. Supporters are encouraged to take a photo of themselves with the hashtag #IStandWithPanzi or #StandWithPanzi, and post it on social media. Supporters may text ‘Panzi’ to 41444 to donate, or join the cause.